UN SEUL CADAVRE EST DE TROP

Le cynisme du Hamas rejoint hélas l’aveuglement d’Israël, à moins que ce ne soit le contraire… La machine de guerre de Tsahal est lancée. Plus de mille morts, à l’heure où j’écris ces lignes. Comment oser penser qu’un tel déferlement sinistre puisse servir de « leçon » aux Palestiniens, voire, à distance, au Hezbollah ? Comment ne pas penser que tant de sang versé ne fait remettre en selle un Hamas qui était en perte de vitesse politique. La haine et les douleurs ne peuvent que croître, le terrorisme suicidaire et meurtrier s’amplifier, et les violences mondiales monter de plusieurs crans. Penser le contraire est ahurissant, les dirigeants actuels d’Israël auraient-ils intérêt à la continuité du conflit ? La paix à venir ( sic ) leur serait-elle si défavorable ? Suicidaire le Hamas, avec ses dérisoires roquettes, et quelques blessés israéliens, avant, de leur faute, la stupide rupture de la trêve ? Ou affreusement imbécile, avant l’affreux déluge de plomb, et les centaines d’enfants rayés de la vie ? Je crois plutôt le Hamas très cynique et calculateur, indifférent au sort réel des Gazaouis ? L’impression est que ce parti élu et fondamentaliste, parfaitement au courant des réactions attendues d’Israël, a joué le jeu terrifiant de la mort et du martyriat. Le Hamas, lié de près à l’Iran, pays non arabe, utilise à son lointain profit le sang palestinien, dans cet affolant jeu d’échec où Israël joue un sale jeu, jeu interne lié à ses propres élections, jeu externe à terminer avant l’arrivée d’Obama, et jeu sanglant pour « redorer » un blason guerrier terni au Liban. Piège aussi, sans doute, tendu à l’Iran, qui reste prudent. On comprend qu’Israël, inquiet de l’idéologie du Hamas – qui veut par ailleurs établir la charya ( mains coupées et autres outils humanitaires ) – excédé des préparatifs iraniens, et saturé des insupportables roquettes lancées sur son territoire, ait décidé de frapper. A outrance. Mais il y a la misère et la surpopulation d’un côté, et la puissance matérielle de l’autre. Flotte l’idée, insupportable et scandaleuse, que la vie d’un Palestinien vaut moins qu’une autre vie. De part et d’autre, un seul cadavre est de trop.