SOCIETE, MODERNE, DEMOCRATIE...
Par Admin, mardi 11 octobre 2011 à 09:40 - General - #354 - rss
Pour expliquer l'état de notre monde, on sort du chapeau ces trois lapins-notions...
... qui au prétexte d'éclairer accroissent l'obscurité.
Premier lapin : la société. "Nos sociétés ne peuvent faire face..." Les sociétés dans leur développement conduisent inévitablement..." En quoi le fait d'être en société pourrait être la raison de nos malheurs ? Pour être plus précis on sort alors un deuxième lapin : la modernité. Même question : en quoi le qualificatif "moderne" ajoute quoi que ce soit à la compréhension ? Qu'une société soit moderne ou pas ne dit rien des effets qu'elle produit sur la vie des individus qui la composent.
Devant ces notions énigmatiques, reste la démocratie. Troisième lapin : si "société moderne" n'est pas éclairant, il suffit de lui accoler le qualificatif "démocratique". De plus, c'est une protection. les sociétés modernes produisent des méfaits mais à partir du moment où elles restent démocratiques, on peut encore respirer. A condition de limiter la démocratie à la liberté d'expression, à la possibilité de choisir ses représentants, à la liberté d'aller et venir... au supermarché voisin. Dans les "sociétés modernes", la démocratie défendue par les élites est celle qu'ils pratiquent et sont les seuls à pratiquer : pouvoir s'exprimer. Quant à la liberté de pouvoir vivre décemment, de pouvoir se loger, se soigner, s'éduquer, se former... même inscrit dans les diverses déclarations des droits de l'homme, ne sont pas dans les faits retenus comme des indices démocratiques.
Dans cet esprit, on comprend pourquoi on se mobilise plus facilement, surtout chez les intellectuels, là où la liberté d'expression est touchée ici ou de par le monde. Ainsi Monsieur B-H Lévy, personnalité exemplaire, dégaine plus facilement ses idées en Lybie ( ce qui n'est pas inutile) qu'à Vintimille ou à Sanguatte Blériot-Plage. Là où a liberté d'expression est atteinte pas celle de vivre.
Inépuisable, cet esprit nous dira encore que Wikipédia, par exemple, est un site de démocratie participative mais ne précisera pas qu'y participent seulement ceux qui ont un ordinateur. La démocratie à extension limitée grecque, donc.
Pourtant, Platon déjà nous avait appris à qualifier politiquement les régimes des sociétés, Aristote, leur modèle économique...

