LES GRANDES SURFACES ET NOS PARADIS
Par Admin, vendredi 6 juin 2008 à 15:52 - General - #165 - rss
par Christian Noorbergen
Des millénaires d’illusions, de croyances fabriquées et d’affreux conflits inutiles, enfin effacés de notre mental. Les grandes surfaces sont notre paradis, à portée de regard et de porte-monnaie ! Pas même, l’entrée est gratuite pour tous, chômeurs et milliardaires compris. Quand on pense qu’un P.L. ( Poids Lourd ) de notre vie politique locale a osé critiquer ouvertement la miraculeuse probable extension du nombre des grandes surfaces dans notre département ! Les grandes surfaces et TF 1 sont les deux mamelles de la démocratie consommatrice. Con-sommons à fond les caisses. Fermons la cathédrale, parkingeons son immaculé parvis, fermons la Médiathèque, le Centre Culturel, le bassin de la Préfecture, les églises, l’Estac, le Dix de Cœur, les mosquées, la Fontaine Argence, les Musées ( di Marco compris ), les lyssées et les librèries ( ortografe bac 2008 ), les caisses d‘épargnés, et tous ces lieux coûteux, frustrants et frustrés de culture dépassée. Le bonheur est en grandissante surface. Ceinturons la ville d’une seule immense grande surface, quartiers Leclerk, Kasino, Killer Price, bref tous les beaux quartiers de la Cité Radieuse. Et quelle joie de déambuler enfin dans ces allées illuminées, d’observer les innombrables richesses de la modernité, les trésors d’objets éducatifs venus du monde entier. Se rincer l’œil de produits sublimes, des kilomètres durant, quelle merveille humanitaire, quelle gratuité contemplative, quelle générosité consommatrice. Boycottons tous les laborieux petits commerçants, honteux résidus d’un passé intra-colonial. Chassons de nos cités ces paysans hirsutes qui tentent de nous fourguer directement des produits non emballés, affreusement naturels, très mal traités, et qui sentent encore des odeurs de terroir et de basse cour. Dans les grandes surfaces, que de la bonne hygiène, de la belle musique à emplir l’âme, et de la vraie chimie. Du superbonmarché, de l’obésité heureuse, de l’indispensable « en veux-tu, en voilà plein le cabas ». Et en prime des cartes de réduction de vie ( cf les retraites ), des rangées à fantasmes : petites culottes à n’en plus finir, ou boites de haricots verts, ça dépend des perversions. A ce soir, mon cœur, à 19h32, devant le rayon des AAAA. Allée ? Bloc ? Quartier ? Quartier des grands déserts …

