Bienvenue à toutes et à tous

À Copenhague en août 1910 a lieu la 2ème conférence internationale des femmes socialistes qui réunit des centaines de femmes venues de 17 pays. La première a eu lieu en 1907, à l’initiative de la journaliste allemande Clara Zetkin. Les femmes ont déjà manifesté dès le début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote. Une Journée Internationale des Femmes a été officialisée par les Nations Unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes. Elle a lieu le 8 mars de chaque année. Si Paris valait bien une messe, selon le mot apocryphe de Henri IV, les conditions de vie et de travail des femmes un peu partout dans le monde méritent au moins une journée même dans les pays dont on dit qu'ils sont les plus avancés. Après plus d'un siècle de combats et d'acquis, si l'on s'en tient à l'histoire récente, on est encore loin du compte. Au fond l'égalité hommes/femmes est loin d'être réalisée. Et ce n'est pas l'invention des machines à laver le linge et la vaisselle qui me contrediront. Quelque chose bloque parce que l'on considère encore qu'il y a une nature féminine. Il est vrai que la femme, comme l'homme d'ailleurs, naît avec des caractéristiques qui lui sont propres, c’est-à-dire des caractéristiques sexuées et on estime qu'elles constituent une sorte de «  nature ». S'il s'agit de spécificités physiques (différences corporelles) et physiologiques (le fait d'enfanter), on peut convenir d'une nature féminine mais dans ce cas on pourrait aussi parler, à d'autres titres, d'une nature masculine. Et nous en tenir là. L'affaire se corse lorsque à ces spécificités naturelles viennent se greffer des caractéristiques qui le sont moins. On ajoute que la femme est sensible, coquette, bavarde, maternelle, fragile, etc. Sa légèreté, face au sérieux masculin, justifie alors qu'elle peut être inférieure. Physiquement d'abord puis spirituellement. L’infériorité physique conduit facilement à l’infériorité spirituelle. Ce point de vue se retrouve dans Les femmes savantes de Molière : « Il n’est pas bien honnête, est-il dit, et pour beaucoup de causes, qu’une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants, faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens, et régler la dépense avec économie, doit être son étude et sa philosophie » On comprend alors la réaction exprimée par Simone de Beauvoir dans la formule : « on ne nait pas femme on le devient ». Elle veut nous faire comprendre qu’être coquette, bavarde, sensible ou peureuse, ne sont pas des caractéristiques essentielles relevant d’une nature féminine mais acquises par une éducation qui intériorise des préjugés sociaux et qu'il faut, par conséquent, en sortir. Sauf que devenir une femme dans une société principalement dominée par les hommes avec tout ce que cela comporte de rivalités, de violences, d'inégalités, d'injustices, c'est devenir, comme le dit Woody Allen, un « homme comme les autres ». Elles ne sont alors que ces petites filles grimpant aux arbres et jouant à se battre dont on dit qu'elles sont des « garçons manqués ». Je ne sais pas vous mais moi je pense que si l'état de nos sociétés est le résultat des effets d'une nature masculine, il serait temps d'y mettre un peu de cette nature féminine aux accents de douceur, de paix et de concorde. Pour le jour d'après. Et tant pis si les hommes deviennent des « filles manquées ». Ainsi va le monde !

Didier Martz 4 et 5 mars 2010

Dernière minute : Najlae, 19 ans, expulsée en moins de 15 heures pour avoir demandé protection à la gendarmerie française après avoir été battue par son frère, Najlae donc, parle. Et ça décoiffe ! Que dit cette pauvre Nadine Morano qui, dans le cadre du débat sur les violences faites aux femmes, trouvait le moyen de justifier l’expulsion de Najlae ?