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Bienvenue à toutes et à tous.

Olivier, pour ne pas le nommer et qu’il puisse se reconnaître, est en classe de BTS. Il a 18 ans révolus. 18 années qui lui permettent aujourd’hui de décider de ne pas aller à son cours de Français au prétexte que son professeur lui a tenu des propos jugés par lui, comment dire, désobligeants, du genre : « tiens toi correctement », « montre-moi ton travail » ou bien, suprême atteinte aux droits de l’individu, « cesse de bavarder ». A dix huit ans, on ne s’en laisse pas conter.

Inquiet par son absence prolongée, on décida pour le faire revenir de mettre en place une médiation. Autrement dit d’inviter le professeur à, comme l’on dit, négocier. En effet, on ne jugea pas utile, peut être à tort, de mettre en place une cellule psychologique, comme celle qu’on organise lorsque des individus ont subi un traumatisme, genre petit doigt retourné lorsqu’ils tentent de le lever. Mais ce n’était pas le cas d’Olivier peu tenté par ce genre d’exercice susceptible d’être interprété comme un désir profond de prendre la parole pour répondre à une question et participer à la leçon. Peu averti que l'élève est désormais au centre du système éducatif et qu'il doit lui rendre service, le dit professeur refusa, estimant qu’il n’y avait pas là matière à commerce et transaction pour acheter son retour en cours. Même au prix d’un bonbon. Ce qui aurait pu arranger les choses. Statu quo, donc. Statu quo qui vient de la locution latine in statu quo ante signifiant littéralement : « en l'état où (cela était) auparavant ». Cette locution est principalement utilisée pour désigner une situation figée, que l'on trouve dans des expressions typiques comme : « maintenir le statu quo », « revenir au statu quo ». Pour la situation qui nous intéresse, en maintenant sa position, qu’il avait placé fort haut, Olivier manifeste certes, ce qu'il croit être sa liberté. Mais il manifeste aussi, comme le disent les psychologues qu’on n’avait pas sollicités pour la circonstance, une profonde aversion à l'incertitude. C’est une forme d'aversion au risque se traduisant par la crainte qu'en cas d'incertitude, il y a plus à perdre qu'à gagner et qu'il vaut mieux ne pas bouger. Visiblement, c'est le choix d'Olivier peu accoutumé à faire des choix stratégiques et préférant, par un mauvais calcul, s’en tenir au confort rassurant d’une absence prolongée. Encore que, mauvais calcul, je n’en suis pas si sûr, car une disposition nouvelle permet dorénavant aux élèves absents de manière chronique de faire gagner à leur classe une sorte de chèque-cadeau en étant présent en cours, ce qui d'ordinaire est la moindre des choses. Olivier peut tirer deux leçons de cette affaire, deux leçons qui remplaceront celles qu’il a ratées. Leçon numéro 1 : si désormais le fait d'être présent en cours est rétribué alors Olivier peut considérer que non seulement sa présence, mais encore le travail scolaire et par extension tout service doivent l'être aussi. Ne soyez donc pas étonnés que vos enfants vous demandent un euro pour aller faire une course ou ranger leur chambre; Leçon numéro 2 : dorénavant, solidarité oblige, Olivier sera mis à l'index de sa classe, voire dénoncer pour la moindre absence même justifiée. Une fidélité forcée en quelque sorte mais récompensée. Mais il n’y pas de voie royale pour une telle vertu et en faire l’apprentissage. Ainsi va le monde.

Didier Martz