LE MONDE COMME IL VA (41) - La grippe A alias virus H1N1
Par Admin, dimanche 20 septembre 2009 à 22:40 - Le monde comme il va - #232 - rss
Chronique de Didier Martz sur RCF Reims 87.9 - Charleville Mézières 94.6 - Rethel 98.3 - Vouziers 98.2 Le jeudi à 18 h 15, le vendredi à 12 h 40
Bonsoir à toutes et à tous.
Imaginez une société dans laquelle on demanderait aux citoyens, comme un père ou une mère à ses enfants, de se laver les mains plusieurs fois par jour, de se moucher dans des mouchoirs en papier et pas dans les doigts, de ne pas fréquenter des gens contaminés, de porter un masque et de ne pas mettre les coudes sur la table. Imaginez une société dans laquelle le maire d’une petite commune ou le proviseur d’un lycée anticipant tous les périls à venir interdise la bise, le bisou ou le baiser ou simplement la poignée de main; Imaginez une société dans laquelle on interdirait les réunions, les conférences, une société où les enfants seraient empêchés d’aller à l’école ; une société dans laquelle les médias, les médias du service public en premier lieu, seraient réquisitionnés pour la diffusion de messages officiels ; une société dans laquelle toute critique de la pensée dominante serait interdite. Imaginez encore une société dans laquelle chacun devant le péril porcin qui le guette deviendrait en quelque sorte « étranger à la destinée de tous les autres et ou seuls ses enfants et peut être quelques amis formeraient pour lui toute l’espèce humaine », s’empressant d’aller vider les rayons des grands magasins de leur stock de mouchoirs jetables et autres produits aseptiques ; Imaginez enfin une société, poursuivrait Tocqueville, dans laquelle les individus s’en remettrait à un pouvoir qui se charge de veiller à leur sort. Un pouvoir régulier et doux. Un pouvoir qui ressemblerait à la puissance paternelle qui pourvoirait à leur sécurité, assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires. Qui pourrait leur ôter le trouble de penser et la peine de vivre. Difficile à imaginer, bien sûr et toute ressemblance avec une société existante serait purement fortuite même si l’imagination trop fertile du même Alexis de Tocqueville le conduit à décrire, dans son livre De la démocratie en Amérique (écrit entre 1835-1840), ce que serait un pouvoir despotique, nouveau modèle, dont les caractéristiques ne seraient pas de briser les volontés mais de les amollir, de les plier et de les diriger ; de ne pas forcer les individus à agir mais cependant à s’opposer sans cesse à ce qu’ils agissent. Ce pouvoir despotique, nouveau modèle, ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète et il réduit enfin chaque société à n’être qu’un troupeau d’animaux – on évitera dans cette occurrence le porc source de tous les maux – animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger.
Difficile alors de le prendre en grippe !!!!
Didier Martz

