LE MONDE COMME IL VA (29) : VIVE LA CRISE !
Par Admin, mercredi 15 avril 2009 à 13:07 - Le monde comme il va - #215 - rss
La chronique de Didier Martz sur RCF Reims Ardennes
29 - Vive la crise !
Bonsoir à toutes et à tous. Je ne sais pas vous mais moi lorsque je vis une crise, j’ai tendance, après avoir passé le plus dur, de me dire qu’on ne m’y reprendra plus. Elle a ou moins un effet bénéfique pour la prise de conscience même si le temps passant, les choses reprennent leur cours habituel et qu’on a vite oublié. Eh bien, si l’on m’avait dit qu’une crise, et cette crise-là, pouvait provoquer de tels effets sur les consciences et les comportements, je pense qu’il aurait fallu qu’elle commence plus tôt. Comme au lendemain d’une crise de foie, ça y est, demain, c’est fini on arrête de trop manger ou trop boire. Comme à l’annonce d’une mauvais maladie aux poumons, ça y est, c’est fini, on arrête de fumer. On voit même des grands patrons renoncer qui à son parachute doré, qui à une partie de son salaire, qui à ses stocks options. Il est vrai qu’ils ne font pas cela de bon cœur et qu’il faut, comme ceux de la Société Générale, les pousser un peu. Bientôt, les verrons nous peut être comme autrefois « faire amende honorable ». De nos jours l'expression s’est considérablement affaiblie et largement galvaudée, puisque tout un chacun peut aujourd’hui de cette manière reconnaître ses torts et demander pardon sans être soumis à un jugement public. Au XVIème l'expression était forte de sens, car l'honneur n'était pas un vain mot, et l'adjectif "honorable" prenait tout son sens. Il s’agissait d’une pénitence consistant à avouer sa faute ou son crime et demander publiquement pardon. Cette peine humiliante s’appliquait aux aristocrates, pour qui le déshonneur d’être traité comme un criminel et de demander le pardon au petit peuple était particulièrement profond. Un privilège en quelque sorte. Le condamné devait, conduit par le bourreau, la corde au cou, pieds et tête nus, marcher parmi la foule, et avouer ses "crimes" devant le parterre du "peuple", d'autant plus excité que ce peuple avait soif de "revanche" sur la bourgeoisie. Mais nous n’en sommes pas là, enfin pas encore. . Dans la genèse Dieu dit à Noé que « la fin de toute chair est arrivée car le terre est pleine de violence à cause des hommes et que par conséquent il va les faire disparaître de la surface de la terre ». Trop tard ! L’homme a été assez prévenu. Prise de conscience certes mais trop tardive. Cette fois, c’est irrémédiable. Souhaitons que non et qu’il s’agisse d’une crise de grande ampleur comme celle-là ou de celles que nous vivons au quotidien, crise dans la santé, la vie professionnelle, familiale, ou affective, considérons qu’elle est un moment singulier de l’existence. Mais plutôt que d’en craindre le pire, ne peut-on en espérer le meilleur : dans sa violence même, la crise ne fait-elle pas apparaître de nouvelles possibilités d’être ? Ne faut-il pas alors tâcher de s’en saisir comme l’occasion d’une renaissance, aussi bien dans l’existence personnelle des individus que dans la vie collective des peuples ? Sauf que le temps est compté et que la crise est un enjeu. Naomi Klein dans son livre « la stratégie du choc » cite un économiste néolibéral américain, Friedman, pour qui « seule une crise peut produire des changements significatifs et venir à bout de la tyrannie des statu quo. Un nouveau gouvernement dit il jouit d’une période de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S’il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus ». Comme disait Machiavel, « le mal doit se faire tout d’une fois ». Pour le pire ou le meilleur.
Didier Martz

