L’élection de Barak Obama est pleine de promesses. Son élection ne fut possible que parce qu’il y a promesse. Toute candidature à une élection politique repose sur une promesse. La promesse est au cœur de la vie des hommes. Au cœur, parce que la promesse repose sur l’assurance que l’avenir sera différent du présent. Elle est donc possible dès lors que les hommes se mettent à espérer. Pourquoi espèrent-ils ? Pourquoi ne peuvent-ils se contenter de leur présent ? Pourquoi, comme dit Pascal, ne se tiennent-ils jamais au temps présent et qu’ils errent dans des temps qui ne sont pas les leurs ? Et que, ne vivant jamais, ils espèrent de vivre et que ce disposant toujours à être heureux, ils ne peuvent jamais l’être ? La réponse est simple. Elle est aussi de Pascal : parce que le présent les blesse. On peut facilement imaginer combien le peuple américain fut blessé au cours des années Bush, deux guerres au minimum, une crise économique, financière et surtout sociale profonde. Et que l’occasion d’une élection, les talents d’une personne soient comme une promesse de beau temps et qu’avec la victoire d’Obama beaucoup d’individus dans le monde on put trouver que, comme l’écrit Zola, « Ce soir-là, le crépuscule apportait, dans sa pâleur sereine, la promesse d'une splendide matinée ». Le présent devient alors « riche de promesses » pour peu que les individus qui les font les tiennent. On ne voit d’ailleurs pas pourquoi elles ne seraient pas tenues si l’on considère que faire une promesse c’est s’engager ; c’est, pour celui qui la tient, contracter une obligation ou l’engagement d'accomplir un acte. C’est vrai sur le plan juridique, c’est vrai aussi ou devrait l’être sur le plan moral. On est lié par sa promesse et y revenir a un coût. Car les promesses, parfois électorales, peuvent être belles, les belles promesses, et on peut mentir à ses promesses. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

D’abord parce que les promesses, comme dit Anatole France, « coûtent moins que les présents et valent beaucoup plus. Jamais, dit-il, on ne donne autant que lorsqu'on donne des espérances ».

Ensuite, parce qu’il est dans la nature même de la promesse de contenir la possibilité de ne pas être tenue sinon elle ne serait pas promesse. Elle doit reposer sur une part d’incertitude et d’ailleurs bien fou celui qui pourrait dire ce que l’avenir sera. D’ailleurs, le sachant, il n’aurait plus à promettre puisque l’avenir sera nécessairement ce qu’il en sait aujourd’hui. De plus, la promesse ne tient pas seulement par celui qui a donné sa parole, elle engage aussi ceux qui les écoutent (Henri Queuille)

Enfin, faire une promesse comporte un paradoxe. Si quelqu'un a donné sa parole et accomplit sa parole, ne peut-on pas dire qu'il est autonome, qu'il obéit à la loi qu'il s'est prescrite, qu'il est libre ? Cependant, par cet acte, il renonce à une certaine forme de liberté.

On comprend alors pourquoi, et pour toutes ces raisons, les hommes sont à la fois toujours prêts à croire aux promesses tout en sachant qu’elles ne seront pas tenues !