Bienvenue à toutes et à tous

Eric Besson, ex-membre du parti Socialiste, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Développement Solidaire affirme dans un entretien accordé au journal Le Parisien que l’une des missions de son ministère est de « fabriquer de bons français » ou, plus précisément, ajoute-t-il par ailleurs, que les étrangers deviennent de « bons petits français ». Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il est des mots qui automatiquement appellent leur contraire. Vrai appelle faux ; bien appelle mal ; beau, laid ; bon, mauvais. Pour compliquer la chose, ils peuvent servir dans des domaines différents. Ainsi Bon et Mauvais permettent de juger dans le domaine du goût, dans le domaine de la santé, voire dans le domaine de la morale comme c'est le cas ici. Avec ces deux mots, bon et mauvais, comme avec les autres, nous pouvons séparer, trier, mettre à part. C'est bien commode. On dira ainsi « c'est un bon gamin » pour dire qu'il se conduit bien, qu'il est gentil, qu'il a reçu une bonne éducation. Trier, séparer, mettre à part, me font penser à la parabole du bon grain et de l'ivraie de Mathieu chapitre 13 dans le Nouveau Testament. Elle est maintenant tombée dans le domaine public, si je puis dire, pour indiquer la séparation du bon d'avec le mauvais. En deux mots, un homme a semé du bon grain dans son champ, mais "pendant que les gens dormaient", quelqu'un vint semer de l'ivraie. L'ivraie pousse dans les champs de céréales et doit être arrachée à la main pour ne pas gâter la récolte. La graine de l’ivraie est légèrement toxique ce qui lui vaut d'être appelée ivraie enivrante ou herbe d'ivrogne d'où notre «  enivrer ». En grec, on l'appelle "Zizania", la zizanie française ! Gageons qu'à trop vouloir trop trier et mettre à part, il est fort probable que nous la semions : la zizanie. L'ivraie est sans doute du "lolium temulentum", une mauvaise herbe qui a cette intelligence, étant jeune, de ressembler à s'y méprendre au blé ou à l'orge. Aussi, lorsque les serviteurs dévoués vinrent proposer au maître d'aller arracher l'ivraie pour permettre au blé de pousser, la réponse fut catégorique : "Non !" Leur intention était bonne, mais la solution illusoire : il ne faut pas courir le risque de détériorer le blé en faisant arracher l'ivraie. De confondre le mauvais avec le bon. Il ne faut pas agir avec précipitation, de peur de faire plus de mal que de bien. Chaque chose en son temps. Il sera facile au moment de la moisson de faire la différence entre l'ivraie et le blé, et on ne risquera plus de nuire à celui-ci en arrachant celle-là. Pas sûr alors que ce qu'on avait pris pour de la mauvaise graine ne soit pas du bon blé ! Proverbe persan : « La précipitation vient du Diable, Dieu travaille lentement. »

Ainsi va le monde 7 et 8 octobre 2010