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Selon Jean-Sébastien Jolin Gignac, dans les peines et les châtiments cité sur Wikipédia, l'encyclopédie en ligne sur Internet, L’amende honorable était une peine infamante d'Ancien Régime, plus grave que le blâme, mais moins que l’exposition publique, le fouet, la mutilation, les galères, le bannissement et la question. Faire amende honorable consistait pour le condamné à reconnaître publiquement sa faute et à en demander pardon à Dieu, à la société et aux hommes. Elle pouvait être simple, et dans ce cas le condamné n'était pas revêtu des incapacités juridiques liées à l'infamie (déchéance du droit d'exercer certaines professions, y compris de la noblesse et des ordres sacrés). Très courante, cette peine pouvait être donnée seule pour des fautes de peu de gravité, comme un attentat à la pudeur, une insulte, un sacrilège ou une malversation dans les comptes publics, ou en conséquence de fautes plus graves, y compris celles emportant la peine capitale. Elle était exécutée dans un lieu public, après affichage de la condamnation, en présence du juge, d'un prêtre, des personnes lésées. Victor Hugo dans Notre Dame de Paris écrit : « Fille bohème, le jour qu'il plaira au roi notre sire, à l'heure de midi, vous serez menée dans un tombereau, en chemise, pieds nus, la corde au cou, devant le grand portail de Notre-Dame, et y ferez amende honorable avec une torche de cire du poids de deux livres à la main, et de là serez menée en place de Grève, où vous serez pendue et étranglée au gibet de la ville... » L'amende honorable n'avait pas pour fonction de préserver le salut de l'âme (pour cela il y avait la confession), mais de purger la faute civile en annulant l'outrage et en interdisant la vengeance.

	Frédéric Mitterrand, en réponse à une question sur la répression des manifestations en Tunisie, avait jugé le 9 janvier dernier “tout à fait exagérée” l’opinion selon laquelle le pays serait une “dictature univoque”. Il vient de faire amende honorable en écrivant au peuple tunisien, et au vu et au su de tous, qu'il regrettait cette déclaration.

Le fait, rarissime, mérite d'être souligné. On se serait attendu en effet à ce que Michèle Alliot-Marie pour la même Tunisie ou Xavier Bertrand pour le médicament MEDIATOR, fassent également amende honorable mais c'est une pratique peu fréquente parmi le personnel politique en général. Même sans l'ombre d'une potence ! Pourtant, en agriculture, l'amendement à des vertus : il permet de modifier ou d'améliorer le sol. On imagine alors une terre qui s'amenderait moralement à coup de faute corrigée, d'erreur amendée, de dérèglement réformé. La correction ôte une faute, un défaut, un vice. L'amendement rend meilleur. La réforme modifie tout à fait le sujet. On se corrige d'un défaut ; on s'amende, en gagnant des qualités ; on se réforme, en substituant à un genre de vie déréglé un genre de vie tout contraire. Dans tous les cas on change en mieux. Errare humanum est, perseverare diabolicum, il est humain de se tromper ; persévérer dans l’erreur est diabolique ». Diabolicos, ce qui sépare.

Ainsi va le monde 27 et 28 janvier 2011