130 - Le dernier repas du condamné
Par Admin, lundi 3 octobre 2011 à 20:19 - Le monde comme il va - #351 - rss
A la fin de l'été, 30 exécutions avaient eu lieu aux Etats unis depuis le début de l'année 2011, trente ultimes repas ont été servis.
La chronique hebdomadaire Ainsi va le monde de Didier Martz sur RCF Reims Ardennes (Reims 87.9 – Rethel 98.3 – Vouziers 98.2 – Charleville-Mézières 94.6) le jeudi à 18 h 50, rediffusée le vendredi à 12 h 40 - A écouter en web-radio sur http://www.reims-web.com/ces-gens-la/index.php/chronique-audio-ainsi-va-le-monde-didier-martz|
Brel chantait qu'à son dernier repas, il voulait voir ses frères, ses chiens et ses chats, et le bord de mer et quelques chinois, etc. Pour le condamné à mort aux Etats Unis ce n'est pas possible. La réglementation est très stricte concernant l'application de la peine. Dans le compte à rebours qui débute 3 semaines ou un mois avant l'exécution tout est prévu à l'heure près et dans les jours qui précède à la minute près. Le condamné est privé des journaux, la radio est interrompue au moment des bulletins d'informations. Les seules lectures autorisées sont la Bible ou le Coran. Le dernier repas est entouré d'une grande solennité car sa prise signe l'acceptation par le condamné de son sort et le pardon aux exécuteurs. Toute latitude lui est alors laissée pour composer son menu mais sans dépasser 20 ou 40 dollars selon les Etats, comme quoi, même aux dernières limites de la vie, la volonté rencontre encore des obstacles. D'ailleurs, l'argent n'est même pas un obstacle car le condamné n'a pas d'exigence outrancière. On pourrait s'attendre en effet à ce qu'il demande, je ne sais pas moi, du homard, du champagne, du foie gras. Eh bien pas du tout. Le plus souvent le cheeseburger, les frites, le soda et l'ice cream avec un café font l'affaire !
Dans un livre intitulé « Des repas à mourir » Brian Press, l'auteur, condamné pour je ne sais quel méfait, a passé 15 ans dans les cuisines des prisons. Il était chargé notamment de la préparation du repas des condamnés à mort. Il a servi quelque chose comme 300 repas. C'est un filet mignon qu'il avait eu à préparer pour son premier repas – c'était le dernier repas pour le condamné – mais le dit filet mignon fut impossible à trouver. Il le remplaça par un T bone steak qui fut beaucoup apprécié. D'ailleurs ce T Bone steak qui doit son nom à sa forme en T...la forme de l'os qui sépare le filet du faux filet sur un même morceau, est délicieusement fondant et les New Yorkais, condamnés ou pas, en sont de gros amateurs. Brian Press raconte que de temps à autre certains condamnés le remerciaient pour la qualité du repas. Celui-ci doit être servi 4 heures avant l'exécution qui a toujours lieu à 6 heures du soir, heure locale. Après le repas, le condamné prie.
30 exécutions ont eu lieu aux Etats unis depuis le début de l'année 2011 donc trente ultimes repas ont été servis. Les derniers en date, dont on ne connaît plus la composition furent ceux de : Richard Lynn Bible dans l'Arizona, le 30 juin ; le 7 juillet celui de Humberto Leal Garcia au Texas ; le 19 juillet celui de Thomas Paul West dans l'Arizona ; le 20 juillet 2011 celui de Mark Stroman au Texas ;le 21 juillet 2011 c'est Andrew Grant DeYoung en Géorgie qui fut servi ; et le 29 juillet ce fut le tour de Robert Jackson au Delaware. Tous ont été exécutés par injection létale.
La Cène (terme issu du latin cena : repas du soir) est le nom donné au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint la veille de sa crucifixion.
Ainsi va le monde
Didier Martz
29 et 30 septembre 2011

