129 - Le mystère de la mort de Frédérico Garcia Lorca enfin résolu ?
Par Admin, samedi 1 octobre 2011 à 20:14 - Le monde comme il va - #350 - rss
« La poésie, c'est que quelque chose qui marche par les rues» écrivait Lorca. Dans la nuit bleutée du 16 au 17 août 1936, elle marchait vers la mort
La chronique hebdomadaire Ainsi va le monde de Didier Martz sur RCF Reims Ardennes (Reims 87.9 – Rethel 98.3 – Vouziers 98.2 – Charleville-Mézières 94.6) le jeudi à 18 h 50, rediffusée le vendredi à 12 h 40 - A écouter en web-radio sur : http://www.reims-web.com/ces-gens-la/index.php/chronique-audio-ainsi-va-le-monde-didier-martz|
J'ai appris durant l'été que le mystère de la mort de Frédérico Garcia Lorca serait en passe d'être résolu. Federico García Lorca, poète et dramaturge espagnol est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade. Lorsque la guerre civile espagnole éclate en 1936, il quitte Madrid pour Grenade même s'il est conscient qu'il va vers une mort presque certaine dans une ville réputée pour avoir le pouvoir le plus anti-républicain d'Andalousie. Il y est assassiné dans des conditions jamais éclaircies à ce jour et son corps ne fut jamais retrouvé. Immense poète et écrivain il a écrit entre autres une trilogie : Noces de sang, Yerma et La Maison de Bernarda Alba. Le poème A las cinco de la tarde figure parmi les plus connus de la poésie contemporaine. Ce sont des vers de Frédérico garcia Lorca sur la disparition de son ami le torrero Ignacio Sanchez Mejias qui avait rendez-vous avec la mort dans l'arène « a las cinco de la tarde », à cinq heures de l'après-midi. Le régime du dictateur Franco a interdit les oeuvres de Lorca jusqu'en 1953. Les 13 dernières heures de la vie de García Lorca, publié fin juin par l'historien Miguel Caballero Pérez, jette sur le crime une lumière nouvelle sur les mobiles, les auteurs et l'endroit où probablement le corps a été enterré. Ce qui fait que de mystère le fait est devenu maintenant une énigme à résoudre. Un mystère ne s'éclaircit jamais. D'abord, ce sont plutôt de tenaces rancoeurs personnelles, économiques et politiques entre trois grandes familles locales (les García Lorca, les Roldán et les Alba) qui ont causé, selon l'historien, la mort de García Lorca. Alors qu'on pensait jusqu'à présent - ou l'on faisait croire - que c'était son attachement au camp antifasciste qui lui aurait coûté la vie : "Il était un fervent républicain, mais n'a milité dans aucun parti politique", souligne Miguel Caballero Pérez. En signant La maison de Bernarda Alba, qui attaquait directement l'une des familles ennemies, Lorca s'offre en 1936 une sorte "vengeance littéraire" qui exacerbe les tensions: lorsque la même année il quitte Madrid pour rentrer à Grenade, "les couteaux sont déjà prêts à régler les comptes", écrit Miguel Caballero Pérez. Dans la nuit du 16 au 17 août, six hommes que l'historien a identifié, viennent chercher le poète. On imagine la nuit bleutée sur Grenade, une voiture noire, et un homme, pâle sous ses boucles brunes, entouré de miliciens, allant à la mort par de larges rues désertes. "Je lui ai mis deux balles, à cette grosse tête". La phrase est d'Antonio Benavides, le seul à s'être vanté de l'exécution de Federico García Lorca. L'exécution a lieu avant 4 heures du matin. Non pas à l'endroit qui avait été identifié par un précédent biographe, et excavé en vain en 2009, mais 500 mètres plus loin, entre les villages de Viznar et d'Alfavar, près d'une ferme appelée "Cortijo de Gazpacho". Un archéologue, Javier Navarro, y a identifié une zone qui pourrait cacher une tombe. « La poésie, c'est que quelque chose qui marche par les rues» écrivait Lorca. Dans la nuit bleutée du 16 au 17 août 1936, elle marchait vers la mort
Ainsi va le monde
Didier Martz -
22 et 23 septembre 2011

