Le bernard l'ermite et l'escargot
Par Admin, samedi 18 mars 2006 à 11:58 - L'animal - #84 - rss
Des précisions sur les deux "animaux" puisées dans les dictionnaires, encyclopédies, atlas zoolologiques...
LE BERNARD L'HERMITE ou PAGURE
Le bernard-l'ermite est aussi appelé pagure, du grec « pagouros », « qui a la queue en forme de corne » cf Le Petit Robert . Il n'a pas de carapace sur l'abdomen et profite des coquilles abandonnées pour abriter son corps mou. Quand il grandit, il déménage et loue une coquille plus vaste.
Une anémone de mer - ou actinie - s’y installe parfois : elle le protège par ses tentacules et il lui permet de se déplacer. Quand le crustacé change de logement, avec ses pinces , il transporte l'actinie de son ancienne coquille à la nouvelle Il marche de travers avec ses pattes et sa coquille « empruntée » à un gastéropode qu’il a parfois mangé..
Le français a emprunté ce mot au XVIème siècle à l'occitan languedocien qui connaissait "bernat l'ermito". Le mot "bernat" est probablement le nom propre "Bernard" qui était très employé à cette époque comme sobriquet pour désigner certains animaux. On parlait, par exemple, du "bernat-blanc" pour désigner le héron aigrette, du "bernat-pescaïre" (le bernat pêcheur) pour désigner le héron, du "bernat-pudent" (l'animal qui pue) pour désigner la punaise. Quant à "l'hermite" ou plutôt "l'ermite" en français d'aujourd'hui, c'est ainsi tout naturellement celui qui s'introduit dans un logis vide pour y vivre en solitaire, comme un ermite.
L'ESCARGOT
L’escargot – du provençal « escaragol », du latin « scarabaeus »- est une créature des plus remarquables, du fait surtout qu'elle porte sa maison sur le dos. Ce foyer portatif lui est aussi une cuirasse protectrice où elle se retire en cas de péril. C'est une armure d'une solidité à toute épreuve, dont l'abri assure au petit animal une sécurité pratiquement absolue. C'est, à la fois, une maison et un château fortifié, qu'il porte ainsi sur le dos.
Ce mollusque gastéropode peut se retirer entièrement dans sa coquille et l’obstruer d’une membrane de mucus pour hiverner. C’est aussi le mucus (bave) qui assure son adhérence au support lorsqu’il rampe. Il arrive parfois qu'un de ces petits animaux s'empiffre par gourmandise au point de ne plus pouvoir se retrancher dans sa coquille en cas de péril. Cela revient à dire que, pour l'escargot, la gourmandise est pêché mortel ; incapable d'user de sa protection naturelle quand il se livre à ce vice, il se voue à l'extermination.

