Le taux du livret A passe de 4 % à 2,5 %. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour beaucoup d’épargnants, petits en général. Ce qui m’amène à une réflexion sur ce phénomène qui consiste à accumuler et quelque fois dans des proportions inimaginables. Jean de La Fontaine dans sa fable, L’avare et le trésor caché, bien qu’il ne s’agisse pas ici d’avarice, « demande à ces gens de qui la passion/Est d'entasser toujours, de mettre somme sur somme/ Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme./Diogène là-bas est aussi riche qu'eux/ (Diogène, là-bas au royaume des morts, est ce philosophe grec qui rejeta toute richesse au point de vivre dans un tonneau) Et l'avare ici-haut comme lui vit en gueux. (Ici haut c’est-à-dire sur terre)/

Ce malheureux attendait, Pour jouir de son bien, une seconde vie;/Ne possédait l’or mais l’or le possédait/Il avait dans la terre une somme enfouie,/Son coeur avec, n'ayant autre déduit (plaisir)/Que d'y ruminer jour et nuit,/Et rendre sa chevance (sa richesse) à lui-même sacrée/Qu'il allât ou qu'il vînt, qu'il bût ou qu'il mangeât, /On l'eût pris de bien court, (le surprendre pendant qu’il ne pensait pas à son or).à moins qu'il ne songeât/A l'endroit où gisait cette somme enterrée.

Il y fit tant de tours qu'un fossoyeur le vit (à l’époque toute personne qui creusait),/Se douta du dépôt, l'enleva sans rien dire./Notre avare, un beau jour, ne trouva que le nid/Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire,/Il se tourmente, il se déchire.

Un passant lui demande à quel sujet ses cris. «C'est mon trésor que l'on m'a pris. - Votre trésor? où pris? - Tout joignant (tout proche) cette pierre.

- Eh! sommes-nous en temps de guerre

Pour l'apporter si loin? N'eussiez-vous pas mieux fait De le laisser chez vous en votre cabinet,(pièce d’étude) Que de le changer de demeure? Vous auriez pu sans peine y puiser à toute heure. - A toute heure, bons Dieux! ne tient-il qu'à cela? L'argent vient-il comme il s'en va? Je n'y touchais jamais. - Dites-moi donc, de grâce, Reprit l'autre, pourquoi vous vous affligez tant, Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent, / Mettez une pierre à la place, Elle vous vaudra tout autant

Ainsi seul l’usage que l’on fait de ses richesses fait la possession sinon on ne possède rien, on est possédé par elles et possédé aussi par ceux qui en ont la gestion, des fossoyeurs en quelque sorte. En accumulant on met aussi quelque chose de soi et dans le même temps on enfouit son cœur. Aussi inutile d’attendre une seconde vie pour en user, il n’y en aura pas. Investissez dans l’humanité, c’est le placement le plus intéressant et avec un rendement très élevé ! Didier Martz et Jean de La Fontaone