Ainsi va le monde n° 321 – La femme est l'avenir de l'homme

La journée internationale de la femme a été célébrée en grandes pompes le 8 mars dernier. Pour la France, on aura surtout noté, selon le mot du psychanalyste et sociologue Paul Watzlawick, que, pour les conditions sociales de la femme « plus ça change moins ça change ».

Bienvenue à toutes et à tous.

La journée internationale de la femme a été célébrée en grandes pompes le 8 mars dernier. Pour la France, on aura surtout noté, selon le mot du psychanalyste et sociologue Paul Watzlawick, que, pour les conditions sociales de la femme « plus ça change moins ça change ». D'année en année, les constats sont les mêmes : double ou triple journée de travail pour celles qui ont un emploi, chômage plus important pour celles qui n'en n'ont pas, salaires inférieurs à ceux des hommes, absence quasi totale en haut des organigrammes, harcelée ou battue, parité à pas lent ou surplace. Bref, la discrimination va bon train, les réformes réforment peu et les discours creux prolifèrent. Ainsi, nous avons, s'agissant d'une évolution probable de la condition féminine :



Le discours réaliste : « Considérant la situation actuelle, il est nécessaire de prendre en compte les réalités économiques et faire preuve de bon sens. » Plus volontariste : « Vu l'inertie de ces derniers temps, on se doit de ne pas négliger toutes les solutions déjà en notre possession. » Voire révolutionnaire : « Eu égard à l'impasse de la société, il faut de toute urgence prendre en considération la globalité des problématiques déjà en notre possession. Etc., Etc et bla, bla, bla.

On objectera que Paris ne s'est pas fait en un jour. Certes. En effet, Lutèce ou Lutetia Parisiorum prend le nom de Paris en 310 et sa construction se poursuit encore aujourd'hui, soit 1700 ans. Il reste donc un peu de marge pour qu'enfin les femmes se retrouvent à égalité avec les hommes et que leur statut dans la société s'améliore ! Ce qui ne signifie pas qu'elles se confondent ou se compromettent avec eux.

L'avenir des femmes semble dépendre essentiellement de la bonne volonté des hommes. Et si elles sont dans de telles conditions, la faute leur en incombe. Sans négliger la domination masculine, il ne faudrait pas oublier la communauté de destin qui les unit.

Jean Ferrat chante que le poète a toujours raison, lui qui voit plus haut que l'horizon, pour qui le futur est son royaume, lui qui peut déclarer que la femme est l'avenir de l'homme. Pourquoi ? Parce que tous les deux sont liés à un même destin et que la libération de l'une est la libération de l'autre. Parce que les gains de la plus asservie et de la plus exploitée en matière de liberté sont aussi des gains pour celui qui lui aussi est asservi et exploité. La réponse à la question de savoir qui va faire la vaisselle repose en partie sur cette situation.

L'avenir de l'homme, dit Aragon, est la femme, Elle est la couleur de son âme, Elle est sa rumeur et son bruit, Et sans elle il n'est qu'un blasphème, Il n'est qu'un noyau sans le fruit, Sa bouche souffle un vent sauvage, Sa vie appartient aux ravages Et sa propre main le détruit. Ainsi va le monde ! Le mercredi 9 mars 2016.

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