Ainsi va le monde n° 307 - Après « tout ça »

Après « tout ça », des pensées en vrac, comme le cœur, émaillées de trous effondrés.

- Tombés sous les balles de ceux qui s'appellent des « frères » : Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans. originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie). Elle était à Paris pour fêter son anniversaire. Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, sa grande soeur, vivait à Paris. Elle était avec sa soeur. Kheireddine Sahbi, 29 ans, violoniste de nationalité algérienne. Surnommé « Didine », il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu'il a été tué. Après des études de sciences, il s'était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris. Mohamed Amine Ibnoumoubarak, marocain, était architecte, encadrant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Tué alors qu'il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

- Un mot d'ordre fut lancé pour le mardi qui suivait. Une appel à la mobilisation générale où le peuple reprend possession de la rue ? Non. Pour une manifestation monstre dans toutes les villes, villages de France et de Navarre ? Non plus. Pour une riposte politique et populaire à la hauteur du drame ? Non, rien de tout cela. Le slogan, lancé par les amphitryons en mal de clients, était « Tous au bistrot ».

- Dans le même fil, une journaliste de la radio publique indiquait les libertés essentielles à défendre : aller au concert, assister à un match de foot, boire un verre en terrasse.

- Laurent Fabius, ministre des étranges affaires, a déclaré que la lutte contre les terroristes serait impitoyable et de citer l'Etat Islamique, Daech, Al-Quaïda et un vague « et les autres ». Il n'a pas cité le groupe terroriste Boko Haram soutenu indirectement par le France via l'Arabie Saoudite.

- Sémantique. Sont-ce des barbares ? Des fous ? Des monstres ? Hanna Arendt se posait la question à propos de Eichmann le nazi lors de son procès à Jérusalem. Elle concluait que c'était s'en tirer à bon compte que d'user de ces termes. Non, ce sont des hommes et des femmes, raisonnés, froids, lucides, organisés, formés... pour qui le Mal est une banalité. En attendant, ne sachant pas, je les appellerai – pardonne-moi cher auditeur ou lecteur – des « sales cons ».

- Le gouvernement a annulé ou interdit la grande manifestation qui devait se tenir à Paris entre les places de la République et de la Nation, dimanche 29 novembre, veille de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le climat, la COP 21, et ce au nom de la sécurité. Qu'on se rassure, la société civile continuera à manifester sa liberté dans les grandes surfaces commerciales et à l'occasion des rencontres de football.

- « On nous attaque !», « C'est la guerre !»et partout se poussent des cris d'orfraie... alors que l'orfraie ne crie pas. La guerre, nous la menons depuis belle lurette sur des territoires qui ne sont pas les nôtres, depuis des décennies en Afghanistan, Irak, Lybie, Syrie, Mali, etc. semant la terreur et la mort dans les populations civiles. Et, plus de bombardements ne viendra pas à bout du terrorisme. On n'en viendra à bout que par la suppression des conditions qui le créent.

- « Même pas peur » fut la réponse apeurée de l'enfant dans le noir. On lui a dit qu'elle n'évitait pas le danger mais pouvait donner du courage. Ainsi va le monde ! Le jeudi 19 novembre 2015

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