Le philosophe et le vote électronique
Par Admin, samedi 24 mars 2007 à 22:28 - General - #133 - rss
Reims s'équipe des machines à voter et la controverse fait rage...
Et la controverse fait rage sauf qu'elle passe à côté de l'essentiel. La question n'est pas de savoir si la fraude sera plus facile, si les citoyens pourront contrôler la procédure mais si un degré supplémentaire n'a pas été franchi dans la mise à distance des individus par rapport à la chose publique et par conséquent un accroissement de leur hétéronomie au détriment de leur autonomie, caractéristique de la civilisation technicienne. Un exemple. Autrefois, l'impôt se payait en nature puis en monnaie sonnante et trébuchante ou en liquide, puis par chèque, en trois fois puis en douze mois, prélevé directement et bientôt retiré sur le bulletin de salaire. Tout ceci dans le souci de faciliter les choses, de rendre moins pénible, etc. Ce faisant l'individu prend de moins en conscience qu'il paie un impôt pour contribuer à la réalisation de la vie collective. "Prendre de moins en moins conscience", c'est s'endormir. C'est être mis à distance. Tout ce qui s'interpose entre l'individu et le réel le prive de sa maitrise et augmente sa dépendance. Dans l'utilisation de la machine à voter, un pas de plus est franchi dans la mise à l'écart des individus.

