116 - L'ART CONTEMPORAIN EST NUL
Par Admin, mercredi 20 avril 2011 à 11:25 - Le monde comme il va - #329 - rss
La prétendue oeuvre photographique de l’américain Andres Serrano, mettant en scène un crucifix trempé dans l'urine du soi-disant artiste a été vandalisée dimanche dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon (Vaucluse). Le ministre de l'in-culture, et d'autres avec lui, a condamné une «atteinte à un principe fondamental, la présentation de ces oeuvres relevant pleinement de la liberté de création et d’expression».
La chronique hebdomadaire de Didier Martz sur RCF Reims Ardennes écoutez la chronique philo en web-radio
116 – L'art contemporain est nul
Bienvenue à toutes et à tous
La prétendue oeuvre photographique de l’américain Andres Serrano, mettant en scène un crucifix trempé dans l'urine du soi-disant artiste a été vandalisée dimanche dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon (Vaucluse). Le ministre de l'in-culture, et d'autres avec lui, a condamné une «atteinte à un principe fondamental, la présentation de ces oeuvres relevant pleinement de la liberté de création et d’expression».
Je ne m'arrêterai pas ici, bien qu'il le mériterait, au caractère choquant de l'œuvre pour les croyants. Je voudrais juste revenir à ce que Jean Baudrillard appelait en 1996 la nullité, à quelques exceptions près, de l'art contemporain. La production de Andres Serrano n'a rien de bien original. On connaît les fientes de pigeon en cristal de Murano, les têtes de mort serrant dans leurs dents des rats crevés du flamand Jan Fabre. On a vu ou peut être entendu parler des jouets de plage en plastique gonflable de Jeff Koons (fait chevalier de la légion d'honneur sur proposition de l'ancien ministre de la culture Jean Jacques Aillagon). On doit à Damien Hirst ce vrai veau de 18 mois installé dans un aquarium rempli de formol aux cornes et sabots en or (vendu 18 millions d'euros). Et j'en passe. Plus près de nous àReims, une araignée de 850 mille euros sur les tours d'une cathédrale. La recette pour que ça marche, pour que nous y consentions,nous dit Dany Robert Dufour dans son livre la Cité perverse, est simple : Première règle, provoquer le plus cyniquement possible pour affirmer qu'on peut tout dire et tout faire, sans tabou. Et ce au nom de la sacro-sainte liberté d'expression. La tolérance pour l'insignifiance, prônée par l'art contemporain, conduit à la nécessité impérative de devoir tout tolérer ; Deuxième règle, ne jamais produire aucune signification. Signifier, c'est prendre les choses au premier degré : ar exemple voir juste une grosse araignée mécanique sur les parois d'une cathédrale. Il faut prendre cette production comme les autres, au second degré. Au premier degré, là où le sens réel des choses apparaît, vous n'avez rien compris. Au second degré, il n'y a rien de plus à comprendre ou plutôt tout est possible. Tout est vrai et tout est faux. On peut tout dire et son contraire. L'art de l'art contemporain, c'est de brouiller tous les repères. Et cerise sur le gâteau au second degré vous entrez dans le cercle des initiés. Les autres étant des imbéciles. Et troisième règle : produire le maximum de buzz, de bruit médiatique obtenu notamment grâce à la provocation. Le buzz, bourdonnement en anglais, est une stratégie de marketing qui a pour but de promouvoir un produit notamment en déclenchant un processus viral par la production de millliers de commentaires. L'important n'est plus de parler du message mais de parler du produit, parce qu'il ne s'agit que d'un produit. D'où la proximité de la pub et de l'art contemporain.
Une dernière considération concernant le discours de l'art contemporain est qu'il rejette toute distinction entre un objet dit artistique et un objet quelconque au motif qu'il faudrait introduire une hiérarchie. On comprend car il suffirait alors de faire dialoguer le Piss Christ de Serrano avec les Crucifixions, les Piéta, les martyres et autres Cènes des maîtres du Nord, les Memling, Rubens, Rembrandt, Vermeer, Van Eyck pour la réduire à rien et à sa nullité.
Ainsi va le monde 21 et 22 avril 2011 Didier Martz, Essayeur d'idées

