La chronique « Ainsi va le monde »

Ainsi va le monde n° 382 - C'est la rentrée

Où pour rentrer, il faut sortir...

Voilà, c'est la rentrée. Encore une fois. Dans les médias, la rentrée fait partie des « marronniers ». Un événement dont il faut absolument parler. Alors on en parle. Un exercice obligé. La rentrée fait partie de tous ces sujets qui reviennent régulièrement comme par exemple, par degré d'insignifiance, les cours de la bourse, les embouteillages, les soldes, la météo, les départs en vacances, les fêtes de fin d’année, et bien sûr la rentrée scolaire ou la rentrée tout court.

Pour la petite histoire j'ai lu dans l'encyclopédie en ligne wikipédia que le mot « marronnier » - qui a à voir évidemment avec l'arbre qui donne des marrons – est utilisé par les médias parce que, je cite, « tous les ans, au début du printemps, un marronnier à fleurs rouges fleurissait sur la tombe des Gardes Suisses tués lors de la journée du 10 Août 1792, dans les Jardins des Tuileries à Paris et tous les ans un article paraissait dans la presse pour s'en faire l'écho. » Le 10 Août est une journée importante dans l'histoire de la Révolution Française d'abord parce que ce fut le début de la Terreur et puis, avec la prise des Tuileries, la fin de la monarchie constitutionnelle. On dit qu'encore aujourd'hui elle n'est pas complètement éteinte même si le Roi est devenu un Dieu Olympien !

Les marrons du marronnier médiatique nous emportent vers le prix des fournitures scolaires, la dernière mode en la matière, le Ministre déclarant que « maintenant l'Ecole va changer » comme à chaque Ministre, le Syndicat annonçant lui que « ça ne se passera pas comme ça » et le jour dit, le reporter nous emmène vers les larmes de quelques mamans qui « abandonnent » leurs enfants à l'Ecole, mère nourricière de savoir et de vie sociale. Une amie « masculiniste » me dit qu'il y a aussi des papas qui pleurent...

En dehors de la matière qu'elle fournit aux journaleux, la Rentrée est un événement dans la société qui dépasse largement la nécessité de faire des commentaires sur tout et rien. Elle est de l'ordre du rite et concerne tout le monde. A un moment précis, dans des lieux précis, la société se met en mouvement pour signifier le passage d'un état à un autre. Certes, un peu de sociologie nous dirait que chacun n'y participe pas de la même manière, avec la même implication.

Mais qu'on soit parti ou resté, qu'on est eu des vacances ou pas, qu'on soit chômeurs, retraités, petit ou grand, il est des signes qui ne trompent pas, un je-ne-sais-quoi qui fait que quelque chose change dans l'air. La ville sent le cahier d'écolier, le cartable neuf et le nouvel habit. La ville s'est apaisée à partir de juillet pour se languir en août sous la chaleur et voilà qu'elle repart avec ses élans, ses rythmes, ses bruits. Elle respire au rythme de l'école et de ses horaires.

« Rentrer » est dans nos gênes sociaux. Qui que l'on soit, qui que vous soyez, pendant 10, 15 ou 20 ans et plus, il vous a fallu « rentrer ». Et je ne parle là que de l'école parce qu'après ça continue. Rentrer dans l'entreprise, dans l'usine.... Comment penser que cette agitation répétée maintes et maintes fois ne se soit pas inscrite dans nos corps au point que quelles que soient les situations nous rentrons en même temps que nos enfants, nos petits-enfants, les enfants des autres.

Vouloir y échapper relève de la gageure. Affiches, boutiques, gondoles de supermarché... tous s'y mettent pour nous rappeler que c'est la rentrée. Et bien avant. Comme Noël est en Septembre et les tomates en janvier, la rentrée est à la sortie, dès juin. Ainsi va le monde... à l'envers !

Didier Martz, philosophe 4 Septembre 2017

Ainsi va le monde n° 380 - « En même temps... »

Je ne sais pas vous mais moi je suis plutôt surpris qu'on puisse se gausser de ce que les uns s'empressent d'appeler un « tic de langage » chez notre nouveau président. Un peu moins maintenant certes mais il a été régulièrement critiqué pour son usage répété de l'expression "en même  […]

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Ainsi va le monde n° 378 - Le temps ne fait rien à l'affaire

Loi sur la réforme du code du travail, loi de moralisation de la vie publique, constitutionalisation de l'état d'urgence... voilà des sujets qui vont occuper le nouveau gouvernement et la société française dans les semaines et les mois à venir. Un grand vent de réformes comme on n'en a jamais vu, souffle ou va souffler sur l'hexagone. Mais ce n'est pas tant la nature des réformes qui a mis Eole, le grand maître et régisseur des vents en mouvement, mais plutôt la jeunesse de ceux qui les porte...

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Ainsi va le monde n°377 - Kwassa-kwassa ou ces mots qui nous échappent

Le 02 juin, en visite au centre de sauvetage d'Étel, en Bretagne, Monsieur Macron, président de la République Française, a fait un trait d'esprit dit humoristique au sujet de ces bateaux de pêche comoriens, les kwassa-kwassa, en déclarant que « le kwassa-kwassa pêche peu, il amène DU Comorien, c'est différent. »

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Ainsi va le monde n° 375 - Pléonexie (2)

Pour Dany Robert Dufour (psychanalyste) la pléonexie c'est l'accumulation, la boulimie d'avoir et d'avoir toujours plus. Elle désigne le fait de « vouloir plus que sa part ». Cette attitude est sévèrement condamnée chez les Grecs et en particulier Platon car elle s'apparente à l'hubris, la « démesure »...

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Ainsi va le monde n° 371 - Tomber de Charybde en Scylla

Tomber de Charybde en Scylla. C'est sans doute ce que doivent se dire des électeurs au moment de choisir entre l'un ou l'autre des candidats retenus au premier tour de l'élection présidentielle pensant que pour échapper à un danger ou un inconvénient ils risquent de se frotter à un autre encore plus grave.

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Ainsi va le monde n° 370 - Bulletin météorologique du 16 Avril 2025

Dimanche 16 avril 2025. Bulletin météo. La présentatrice fait grise mine : il va faire beau sur toute la France y compris au Nord de la Loire. D'ailleurs, elle n'emploie plus l'expression « faire beau » mais « temps maussade avec ciel désespérément bleu », un soleil provocateur et ironique celui qu'on faisait sourire autrefois sur les dessins d'enfant brillera ou assommera toute la France; pas l'ombre d'un nuage et pas d'ombre du tout. Dans le Sud au plus fort de la journée, les températures voisineront les 45 degrés ; au Nord, dans les Ardennes, autour de 35 degrés.

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Ainsi va le monde n°369 – Abstention

S’abstenir renvoie à une notion du vocabulaire stoïcien et chrétien, qui signifie « (se) tenir à l'écart de, renoncer à » dont le sens s’est réparti entre abstention et abstinence. Pour l'une ou l'autre, il s’agit là de s'interdire une chose par un renoncement volontaire et mûrement réfléchi.

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Ainsi va le monde n°368 - La pente fatale

Dans la matinale politique de France-Culture de ce jour, Madeleine de Jessey, soutien de François Fillon, présidente de l'organisation Le Sens Commun, répond aux questions de Guillaume Erner. A un moment de l'interview, il est question du droit à l'enfant et l'invitée pense qu'il faut remettre en cause ce droit car, comme le dit le philosophe Finkielkraut, il est une entrée dans le monde de la volonté où règne en priorité le désir de chacun. Cette loi comporte, dit-elle, beaucoup trop de vides juridiques et ne protège pas l'enfant. C'est une véritable boîte de Pandore et pourrait aboutir à des formes modernes d'esclavage. Et ajoute, Madeleine de Jessey, l'esclavage on ne l'encadre pas, on l'abolit.

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Ainsi va le monde n°367 – Morale et politique ne font pas bon ménage

Ce qu'on appelle pudiquement des « affaires » traversent la campagne électorale des présidentielles. Des hommes et des femmes en colère les appelleraient des scandales. On descendait autrefois dans la rue pour moins que cela. Certains se réjouiront de l'évolution des passions vers plus de mesure et de maîtrise pour une société plus amène et apaisée ; d'autres, au contraire, prôneront une liberté des émotions eu égard à l'immoralité des conduites, à l'injustice des situations. Ils s'indignent et se mettent en colère. Le philosophe Vladimir Jankélévitch, classé parmi les sages, faisait du ressentiment, un point d'appui pour garder vivace le sentiment d'injustice, d'humiliation. Dans le ressentiment disait-il : « le cœur est engagé, et c'est pourquoi il prélude au pardon cordial ».

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Ainsi va le monde n°366 - Votez inutile

Votez utile ! L'invitation revient à chaque élection. Elle répond à une question que les uns et les autres se posent : est-ce qu'il est vraiment utile de voter pour un candidat qui n'a aucune chance de l'emporter ? Voter utile, c'est aussi voter pour un candidat qu'on n'apprécie pas nécessairement mais dont on pense qu'il empêchera un autre candidat qu'on apprécie encore moins d'être élu. On peut ajouter une autre question posée par un hebdomadaire : est-il vraiment inutile de voter pour un candidat qui n'a pas de chance de l'emporter ?

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Ainsi va le monde n° 364 - Saxifrage

N'avez-vous jamais été surpris et étonné par cette plante qui pousse au milieu d'une paroi de béton défiant toutes les lois de la botanique ? De cette autre qui grandit, moqueuse, au beau milieu de l'autoroute ? Ou encore jouant des coudes pour se frayer un chemin entre deux pavés. Réjoui, on se dira que la nature reprend ses droits... une bien maigre consolation écologique ; maussade, on l'arrachera violemment comme agent provocateur de la modernité bétonnée...

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Ainsi va le monde n° 344 - Transhumanisme

On ne se contente plus de réparer l'homme mais on améliore ses capacités voire on augmente ses performances pour voir plus qu'il ne voit, sentir plus qu'il ne sent. Un nouveau profil d'être humain se dessine, hybridation entre la machine et l'organisme, mélange de chair et de matériau, de nerf et de câble, d'os et de plastique... A propos du bateau de Thésée, les sophistes d’Athènes se demandaient, au fur et à mesure que les pièces en étaient modifiées ou remplacées s’il s’agissait encore du même bateau ?

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Ainsi va le monde n° 339 - Le traître

Amos Oz, grand écrivain israélien, vient de publier Judas, son dernier livre. Judas, c'est la figure du traître, qualification dont est affublé régulièrement l'écrivain pour son engagement en faveur de la paix. A travers le mouvement qu'il a co-fondé en 1978, « La Paix Maintenant », il milite depuis longtemps pour la création d'un Etat Palestinien aux côtés d'un Etat israélien.

Amos Oz, grand écrivain israélien, vient de publier Judas, son dernier livre. Judas, c'est la figure du traître, qualification dont est affublé régulièrement l'écrivain pour son engagement en faveur de la paix. A travers le mouvement qu'il a co-fondé en 1978, « La Paix Maintenant », il milite depuis longtemps pour la création d'un Etat Palestinien aux côtés d'un Etat israélien.

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